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Vitrail de Jean-Pierre Raynaud à l'abbaye de Noirlac

L’architecture de Noirlac reflète, dans son exigeante pureté, le projet cistercien des origines et la mystique bernardine : Saint Bernard veilla sur la fondation de Noirlac : les quelques moines qui, en 1136, quittent Clairvaux pour fonder la future abbaye suivent Robert, leur abbé, un très proche parent de Saint Bernard.

Ce dernier interviendra d’ailleurs personnellement auprès du Roi, en 1149, pour venir en aide à la jeune communauté.

Noirlac, fondation cistercienne exemplaire

Le choix d’un site éloigné du monde reprend la tradition très ancienne de la recherche du "désert", chère aux premiers ermites chrétiens d’Orient : le site de Noirlac est, à l’époque, un taillis marécageux, conforme aux exigences de la Règle cistercienne. Une clôture naturelle en quelque sorte, complétée bientôt par celle des bâtiments monastiques.

La construction est conforme au plan-type des abbayes cisterciennes : à l’origine, cette forteresse spirituelle séparait rigoureusement la communauté de part et d’autre du cloître. A l’Est, l’aile des moines, avec dortoir, salle capitulaire et chauffoir, bien distincte du quartier d’habitation plus rudimentaire des convers, situé à l’Ouest.

L’ascèse cistercienne se résume parfaitement dans la simplicité des formes architecturales : nudité de l’appareil de pierres, colonnes tronquées, ornements dépouillés des chapiteaux… l’ensemble appelle puissamment au renoncement.

 

 

L'abbatiale de l'abbaye de Noirlac de nuit

Les vitraux de Noirlac

Vitraux du sanctuaire de l'abbatiale de Noirlac

Le vitrail pour un artiste ne peut être abordé avec qualité que dans la mesure où il accepte de son plein gré d’être à la disposition et en accord avec l’édifice, sa relation étant amour, modestie et fermeté.

Mes premières préoccupations furent d’intervenir avec assez de discrétion pour ne pas heurter la pierre, celle-ci était austère, mais sa tendresse n’arrêtait pas de passer du blanc à l’ocre, je voulais m’approcher d’elle, mais si doucement et poser morceau après morceau les petits carrés de verre, vivre l’aventure d’un vitrail.

 
"Ces vitraux jouent sur des carrés décalés comme s’il y avait un glissement. Ce glissement en fait c’est l’émotion "
Jean-Pierre Raynaud.  

C’est en 1975 que fut proposé à l’artiste Jean-Pierre Raynaud de dessiner les vitraux de l’abbatiale et du réfectoire. Rejoignant l’idéal cistercien dans le refus de tout artifice et le complet dénuement, l’artiste réussit ici à donner pleinement vie aux baies et rosaces de l’abbaye de Noirlac.

 

En parfaite symbiose avec le maître-verrier Jean Mauret, Jean-Pierre Raynaud a vaincu la monotonie des espaces en intégrant dans des ouvertures de dimensions inégales un jeu de lignes droites et de carrés qui donne tout son sens à cette citation de Georges Duby : " La lumière admise avec mesure dans l’enclos de leur retraite devait rester telle que Dieu la fait, sans apprêt, sans atours, splendide en sa simple nudité ".
En cheminant vers le chœur de l’abbatiale, on remarque que la lumière devient de plus en plus intense et donne vie aux verres blancs qui, chargés de nuances, transforment le choix de la " clôture " que faisaient ces moines en un hymne à la liberté.

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